Boire au Moyen-Âge

 

L’Eau

 

L’eau est la boisson la plus utilisée. Elle est présente partout. Selon Aldebrandin de Sienne, médecin italien du XIIIe siècle, l’eau doit être claire, sans saveur ni odeur ni couleur. La nature de l’eau est froide donc on pense qu’elle aide à répandre la nourriture dans le corps et refroidit les membres de complexion chaude.

L’eau est puisée dans les puits privés et publics, dans les sources et les rivières, stockée dans les citernes, principalement dans le sud de la France. Selon Barthélemy l’Anglais, l’eau de pluie est « la meilleure et la plus savoureuse et la plus légère et la plus nette ». Mais cette eau est souvent polluée par les fosses d’aisances, trouble, saumâtre, souillée par la poussière, les débris végétaux et animaux, voire nocive pour la santé. Les apothicaires conseillent donc de la consommer bouillie, filtrée avec une toison de laine ou mêlée à du vinaigre, du verjus ou du vin aigre, du miel ou de la réglisse.

Pour toutes ces raisons, l’eau est plutôt réservée aux pauvres, aux pèlerins, aux ermites, aux gens du commun. Dès que l’on en a les moyens on préfère boire de la piquette ou de la cervoise.

 

 Le lait

 

Le lait pur est peu bu par les adultes car déprécié. Il est réservé aux petits enfants, aux personnes âgées et aux malades. On l’utilise surtout dans les bouillies et les potages et pour le transformer en fromage.

  monks-making-white-cheese Bibliothèque nationale d'Autriche, Vienne, séries nova 2644,

codex Vindobonensis, fin XIVe siècle.

 

 La cervoise et la bière

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Bibliothèque d'Ajuda deLisbonne,

Ms Traité de médecine d'Aldebrande de Florence, XIVe siècle

La cervoise est un breuvage très ancien et simple de fabrication. La production en est souvent familiale. Elle consiste à faire germer de l’orge, qui pousse facilement dans les climats du Nord, ou de l’avoine, qui se diffuse en même temps que l’assolement triennal, puis de faire sécher ce malt pour arrêter la germination avant de la concasser et de le laisser fermenter avec de l’eau. La cervoise est souvent trouble et assez épaisse. C’est une boisson réservée aux gens d’humble condition comme le montre ce fabliau :

  

Seigneurs, un jour du temps jadis, il arriva qu’un vilain de Farbus devait aller au marché ; sa femme lui avait donné cinq deniers et quelques mailles pour les employer ainsi que vous allez m’entendre le raconter : trois mailles pour un râteau, deux deniers pour un gâteau qu’elle voulait tout chaud et croustillant, et trois deniers pour ses dépenses. Elle mit cet argent dans sa bourse et, avant que de le laisser partir, elle lui fit le décompte de ses dépenses : un denier tout    rond pour des petits pâtés et de la cervoise, compta-t-elle, et deux deniers pour le pain, ce serait suffisant pour son fils et lui.                                                

   Le vilain de Farbus

 

A la fin du Moyen Age, elle est remplacée par la bière qui devient une des principales boissons d’Europe du nord. Dans la bière, on ajoute au malt du houblon car on s’est aperçu qu’il permet d’augmenter la production de boisson, d’en assurer la stabilité et d’en faciliter la conservation. La bière a alors un goût plus marqué et plus amer que la cervoise. Fabriquée d’abord dans les abbayes, elle se diffuse dans les villes du Nord de l’Europe où les brasseries se multiplient à partir du XIIIe siècle.

 

Le cidre

 

Le cidre apparaît à l’époque mérovingienne. Il est de mauvaise qualité mais sa production enregistre une forte expansion sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche lorsque les producteurs de Galice et du Pays Basque diffusent vers la France de nouvelles variétés de pommes et des méthodes de culture plus productives. Les mentions de cidre augmentent en Normandie à partir du XIIe siècle et au XVe siècle, la consommation de cidre l’emporte sur celle de la bière, de la cervoise et du vin en basse Normandie. Effectivement la cervoise et la bière sont fabriquées à partir de grandes quantités de céréales. Or dans les années difficiles, la population qui mange du pain d’orge entre directement en concurrence avec les brasseries ce qui provoque une disette et augmente le prix de l’orge. Son utilisation par les brasseurs est donc très critiquée. Dès le règne de saint Louis, brasser la cervoise est interdit à plusieurs reprises, lors de périodes de disettes. De plus, le vin normand est cher et de mauvaise qualité. On développe alors la plantation des pommiers. A la fin du XVIe siècle, le cidre est devenu la boisson par excellence du Nord Ouest de la France et surtout de la Normandie.

 

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Bibliothèque d'Ajuda de Lisbonne,

Ms Traité de médecine d'Aldebrande de Florence, XIVe siècle.

 

 

 

( http://cuisine-medievale.over-blog.com/article-boire-au-moyen-age-78571272.html)

 

 

Ensuite viendront les vins dont je ne dresserai pas de liste détaillée ici car nous la connaissons tous, mais pour ne citer que les principaux: Hydromel, Hypocras, Bochet, Clairet, Vin de sauge, Morétum, etc...